Une des sept portes de la ville

Outre une fausse-porte, la ville de Namur comptait sept portes dites de Bruxelles, de Fer ou de Louvain, de Saint-Nicolas, de la Meuse, de Jambes, de Dinant et celle du Château ou de Salzinnes1. Celle de Jambes a été construite en 14302 en remplacement de l’ancienne tour médiévale édifiée sur le pont. Elle a subi plusieurs remaniements dont la réalisation d’une tête de pont bastionnée qui englobait le faubourg de Jambes (1695 et 1723).

La porte de Jambes vue par Jules Borgnet3

La porte de Jambes D’après un dessin du général de Howen  daté du 6 janvier 1819.  Coll. privée.

L’éminent historien Jules Borgnet n’a pas manqué de s’intéresser aux fortifications jamboises dans ses fameuses Promenades dans la ville de Namur. Voilà ce qu’il nous en dit : L’une des plus importantes fortifications de cette époque4 et la seule que nous ayons conservée, du moins en majeure partie, est celle qui fut construite sur la rive droite de la Meuse et qui sert encore aujourd’hui5 de tête de pont. Au retranchement, formé de mairins et de terre qu’on y avait élevé en 1429, on substitua un ouvrage en maçonnerie dont j’ai déjà parlé et sur lequel je suis forcé de revenir.

Comme vous le voyez par le dessin ci-contre, ce boulevard du pont de Meuse se compose de deux demi-ronds placés l’un en aval, l’autre en amont du pont ; ils sont reliès par une courtine formant un angle irrégulier. 

La porte de Jambes,  démolie en 1887 Dessin aquarellé de  Jules Borgnet, non daté. Namur, Musée provincial des  Arts anciens du Namurois. Coll. Société archéologique  de Namur, ms. 91,  Album, p.45.

Telle se présente aujourd’hui la porte de Jambes, comme nous l’appelons, nous autres modernes. Mais je crois que la construction primitive a été dénaturée et que le sommet de cet angle, qui lui-même a dû être modifié, était autrefois occupé par un troisième demi-rond. Cette hypothèse paraîtra fort plausible si l’on rapproche d’un texte contemporain assez précis6, les règles observées au XVe siècle dans toutes les constructions de cette nature. Ce boulevard nous paraît un peu lourd aujourd’hui, parce qu’il se trouve enterré jusqu’à moitié de sa hauteur ; mais il devait présenter un aspect pittoresque et fort imposant, alors qu’il était surmonté d’un couronnement crénelé et que ses trois tours se reflètaient dans les eaux de son large fossé.


Les archives précisent aussi qu’au-dessus de la porte se trouvait une niche avec quelque image de saint, de même qu’une pierre armoriée aux armes du duc Philippe le Bon et de la Ville, armoiries peintes et dorées7. On connaît même le nom du doreur «  … à Henri le poindeur pour avoir point et doré les II ecus qui sont assis et tailliés en une pierre au bolluerc du dit pont de Meuse armoyés des armes de Monseigneur le duc … IV moutons ».

Pour renforcer la défense du pont, une forte chaîne était tendue tous les soirs pour interdire le passage sous les arches8.

Pour en savoir plus

C. Badot, Jambes autrefois … et aujourd’hui, Namur, s. d., pp. 40-45.
N. Bastin et J. Dulière, Namur et sa province dans l’œuvre du général de Howen (1817-1830), coll Histoire du Crédit communal de Belgique, série in-4°, n° 11, Bruxelles, 1983, pp. 52-56.
J. Borgnet, Promenades dans la ville de Namur, dans Annales de la Société archéologique de Namur, t. 5, 1857-1858, pp. 100 et suivantes.
C. Chainiaux-Garny, Le pont de Meuse. Communément appelé « pont de Jambes », Jambes, mai 1976.
C. Chainiaux-Garny, Jambes, son passé, son histoire, Jambes, août 1976, pp. 20-22.
X. Duquenne et J.-L. Javaux, Une description de Namur en 1787 par Cyprien Merjai. Un témoignage inédit confronté au regard des historiens de l’époque, coll. Monographies du Musée provincial des Arts anciens du Namurois-Trésor d’Oignies (TreM.a), 48, Namur, 2011, pp. 20-23 (à paraître).

 

Notes

  1. Voir X. Duquenne et J.-L. Javaux, pp. 20-23.
  2. Édifice moitié en terre, moitié en bois. Voir A.E.N., Compte de la Ville de Namur, 1430, fols 8, 46, 138.
  3. Archiviste et enseignant (Namur, 16 novembre 1817 - Namur, 22 octobre 1872). Il fut Secrétaire de la Société archéologique de Namur de 1845 à 1872. Voir L. Bouvy Coupery de Saint-Georges-Neys, Les Borgnet, ces Mosans. Évolution sociale d’une famille, Bruxelles, 1999, pp. 104-111.
  4. Du XVe siècle.
  5. Ces lignes sont publiées en 1857-1858.
  6. Voir J. Borgnet, p. 102.
  7. Voir A.E.N., Compte de la Ville de Namur, 1430, fols  46 et 138.
  8. Voir A.E.N., Compte de la Ville de Namur, 1430, fol. 139.

 

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