Autour des écoles1

 

À la fin du 19e siècle, Jambes connaissant un essor économique et industriel, les autorités communales envisagent la construction de nouvelles écoles pour les jeunes filles et les jeunes garçons de la localité. C’est surtout la construction d’une école pour les garçons qui intéresse les édiles communaux. Les négociations entre membres du Conseil communal de Jambes sont âpres, comme en témoignent par exemple deux circulaires éditées suite à la séance du Conseil du 18 février 1882.
Dans la première2, du 20 février 1882, Monsieur Bonamis rappelle pour commencer la récente chronologie des évènements : « dans sa séance du 3 février 1880, le conseil communal, reconnaissant l’insuffisance des écoles actuelles de garçons, décida d’en construire d’autres, au centre de la commune et nomma une commission chargée de rechercher un emplacement convenable. Cette commission, composée de trois membres, fit son rapport dans la séance du 18 septembre 1880, et, dans sa séance du 5 février 1881, le conseil, adoptant les conclusions du rapport, décida la construction des écoles sur le terrain choisi, situé le long du chemin de Dave et appartenant à M. l’échevin Guiot. D’autres terrains contigus à cet emplacement furent offerts à la commune, le conseil rejeta ces offres par une délibération du 21 février 1881. Le conseil refusa également (28 juillet 1881) l’emplacement des écoles actuelles, proposé par M. l’inspecteur principal du ressort, et (11 octobre 1881) l’invitation à s’entendre, si possible, avec ce fonctionnaire, pour le choix de tout autre terrain que celui adopté en séance du 5 février 1881. Enfin, dans sa séance du 14 février courant, le conseil prit connaissance d’une lettre par laquelle M. le Commissaire de l’Arrondissement l’informait de la décision ministérielle adoptant le terrain choisi près du chemin de Dave. » M. Bonamis, se moquant de « l’affection touchante » du Conseil communal pour ce terrain rue de Dave, demande aux responsables de « s’engager à servir l’embellissement de la commune, de disposer et étendre les constructions afin qu’elles satisfassent à tous les besoins de l’enseignement et autres services communaux afin de répondre de la façon la plus économique aux exigences ». Et propose un autre projet, conçu à l’initiative des conseillers Anciaux, Bonamis, Dehoul, Delvaux et Philippart : il « consiste à réunir, au centre de la commune, tous les services communaux : écoles pour les enfants des deux sexes, logements de l’instituteur, de l’institutrice, maison communale, secrétariat, bureau de police, etc. […]. L’emplacement de ces construction est désigné par sa situation même. Il répond à toutes les exigences, il a été proposé par M. l’Inspecteur principal de l’enseignement. Le projet comporte une place publique sur les terrains occupés par les écoles actuelles, la cour et les vieux bâtiments voisins, appartement à M. Doorme ; au centre de la place, un hôtel ou une maison communale contre laquelle s’élève, à droite, un peu en retrait, l’habitation de l’institutrice ; à gauche, symétriquement, le logement de l’instituteur ; dans le plan de la façade de ces derniers bâtiments, de chaque côté, un mur à hauteur d’appui, surmonté d’un grillage et donnant accès, du côté de la place, à deux préaux séparés par un mur, mais exposés l’un et l’autre aux regards du public ; enfin, dans le fond, faisant naturellement face à la route, comme tous les autres bâtiments, nos six classes destinées aux enfants des deux sexes. […] Une telle disposition est de nature à satisfaire les esprits les plus soupçonneux ; maîtres et élèves sont partout et toujours sous les regards du public, la séparation des locaux et compète ».
M. Lallement, Bourgmestre, répond à cette circulaire3 avec l’assentiment de MM. Guyot et Degive, Echevins, et de M. Ancion, Conseiller communal . Pour lui, le Conseil communal n’est pas au fait de l’historique du dossier : un projet d’établissement d’école communale des garçons sur le même site avait déjà été examiné avant 1880. D’autre part, M. Lallement souligne : « l’école des filles est un peu éloignée, il est vrai, mais elle est amplement suffisante, et sa situation sur le rapport de la salubrité ne laisse rien à désirer. Je ne veux pas parler de la question de la moralité, que tout le monde comprendra. […] Mais je vous pose la question d’une épidémie possible. Il est parfaitement reconnu par la science qu’une population trop nombreuse sur un certain point ne fait que l’entretenir et même la propager ».
Finalement, en 1886, le projet de construction des écoles (et de la maison communale) est enfin autorisé sur le terrain de M. Doorne, au centre de Jambes. Les travaux sont achevés en juin 1889, et définitivement réceptionnés en avril 1891.

 

 

Fiona Lebecque,
Présidente-Conservatrice du
Centre d'Archéologie,
d'Art et d'Histoire de Jambes

 

 

1. Voir pour un contexte plus large J. Toussaint, L’hôtel de ville et les écoles de Jambes, dans Côté Jambes, 46.
2. Résumé des observations présentées par M. Bonamis au Conseil communal de Jambes, dans la séance du 18 février 1882 au sujet d’un projet d’écoles, Jambes, 20 février 1882.
3. Circulaire de MM. Lallement, Guyot, Degive et Ancion, Sans titre.

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